© l’imaginaire 2017
colophon | rss

Trois Trios

    L’ensemble L’Imaginaire est producteur indépendant de concerts et de saisons de musique contemporaine. Dans ce cadre l’ensemble commande des nouvelles œuvres pour l’effectif de base du groupe (trio fl, sx, pf ou quatuor, fl, sx, cl, pf) à des compositeurs émergents afin de favoriser la continuité de la création musicale contemporaine. Le repertorie de L’Imaginaire est caractérisé par des programmes dédiés aux monographies des compositeurs et par les œuvres spécialement conçues pour le groupe. L’objectif du groupe est de valoriser et faire connaitre ces nouvelles créations.


    Repertoire 2016-17 du trio de L’Imaginaire
    Nicolas Mondon, Trio, pour flute, saxophone et piano 17’
    Andrea Sarto, Toccata, pour flute, saxophone et piano 10’
    Fernando Garnero, Ragtime, pour flute, saxophone, piano et électronique 10’
    Sébastian Clara, Peyote, pour flute, saxophone, piano et électronique 10’
    Andrea Agostini, Two songs, a room, 21 Ephemeral Illuminations, not all distinct, pour flute, saxophone, piano et électronique 15’
    Francisco Huguet, Nocturnal, pour flute, saxophone, piano et électronique optionnelle 12’
    Eric Maestri, Natura degli affetti, piano seul 5’

Oblivion

    Spectacle de Théâtre Musical de Sebastian Rivas pour 2 Voix, 3 instrumentistes et Installation sonore. Commande d’Etat.

    « Le point de départ de ce projet prend racine dans la découverte à Palerme du « Trionfo della morte » impressionnante fresque anonyme de 1446, qui n’est pas sans rappeler le « Guernica » de Picasso. De cette découverte est né l’interet que je porte à la thématique des vanités dans l’histoire de l’art, comme un vecteur transversal qui a semé toutes les disciplines artistiques, des octonaires de de La Roche Chandieu mis en musique par Paschal de l’Estocart ou Claude Lejeune, au plus récent Mémento Mori de Pascal Rambert, les œuvres du plasticien Damien Hirst ou les performances de Marina Abramovic, en passant par l’esthétique du syncrétisme mexicain, la nouvelle « l’immortel » de Borges... pour n’en citer qu’une poignée. Ce discours émerge avec une force remarquable en Occident à partir de la moitié du XVIe siécle et semble traverser les ages, se renouveler tout en réincarnant très souvent les icones du genre. Le discours des vanités porte en lui, implicitement, le principe moral d’un nécessaire et souhaitable « mépris du monde », un discours du détachement basé sur l’argument de la fugacité et de l’instabilité de tout ce qui appartient à la sphère humaine et temporelle. Car si les Vanités dénombrent tout ce que peut produire et rassembler la nature humaine, c’est pour mieux la montrer fragile, vouée à la corruption : les biens de ce monde sont, dans l’inventaire sombre des Vanités, frappés de précarité, rongés par le voisinage toujours pressant de la mort, de l’anéantissement. Et c’est bien cette menace constante et inéluctable qui les met en suspicion : trop instables, trop fugaces, ils ne sont rien donc sinon de la tromperie, de l’illusion.


    Dans le monde d’aujourd’hui la dématérialisation de la mémoire sur des supports numériques pose à nouveau ces questions existentielles quant à la notion de pérennité, d’archive, d’accumulation d’information et de son inévitable effacement.
    Le projet Oblivion prend racine dans ce corpus de textes, d’iconographie, de réincarnations et d’intertextualités qui traverse de facon transversale les genres et les temps. Il est basé sur la dualité incarnation/désincarnation au travers d’une installation sonore pérenne et d’un spectacle hybride de théatre musical. La globalité du projet est pensé dans la globalité de l’espace de l’église Saint-Pierre-le Jeune. D’une durée d’une heure 10, le spectacle est basé sur un texte fait de multiples interceptes tirés des « Octonaires sur la vanité du monde » Antoine de LaRoche Chandieu, de l’Odyssée, du conte « L’immortel » de Jorge Luis Borges, et de « Les os d’écho » de Beckett. »
    (Sebastian Rivas)


Lettura

    de Andrea SARTO


    Cantate pour voix, ensemble, électronique et espace
    Commande d’Etat


    Lettura raconte en musique le passage de la récitation intime du texte sacré jusqu’à la révélation de l’espace physique et spirituel du lieu qui l’accueille. Récitation intime et espace sont les deux éléments qui composent une musique qui sera recréée à chaque représentation.


    Dans la musique d’Andrea Sarto le détail minuscule de la prononciation d’un son est le départ d’une vibration qui met en résonance un espace invisible, une membrane d’air qui enveloppe les interprètes et le public. L’invisible est l’espace qui est occupé par l’air mis en vibration par le son et le chuchotement de la voix ; ce diaphragme qui respire est révélé par le geste léger proposé par la musique : la composition est réduite à une écriture mise au service du lieu. Le lieu devient un intervalle intime, à peine excité par des coups de pinceau sonores.
    L’espace est le sujet premier de cette pièce, non seulement résonateur, mais encore ventre de la musique ; c’est un négatif qui rayonne par vibration ; le son provoque la réaction de l’espace qui vibre comme le ventre de l’existant.
    Le public est invité à entrer dans l’expérience de la Lectio pour écouter le rythme de la voix interne qui se déploie dans l’espace d’une église, lieu dont la personnalité est différente selon son architecture. L’espace est comme une bouche qui prononce des mots d’un texte sacré. Cette pièce est conçue pour devenir parole dans diverses bouches, dans des lieux différents qui assistent à un création perpétuelle d’une expérience de lecture intérieure : elle est une création qui doit être constamment recréée dans l’espace.
    Le chemin proposé suit le geste de la Lectio : de l’intimité individuelle passe le contact avec l’Eternel qui ouvre à une redécouverte de la socialité. Ce chemin passe par le contact avec l’invisible, évoqué par le son. La musique est un moyen de passage et de conscience de l’invisible, rien que de l’air qui transporte le son et que la musique excite à peine pour entendre encore l’air vibrer.

Installation, répétition, concert

    Un projet de Thierry Blondeau

    Installation Répétition Concert, souhaite construire une oeuvre et partager sa réalisation.
    Repenser et ressentir le rapport au public est devenu vital. Il faut assister à l’installation, la répétition et à l’oeuvre proprement dite. Nous avons tous à savoir comment ces machins se fabriquent.


    Toutes mes oeuvres depuis 1998 commencent évidemment par un prélude. Ce prélude a
    strictement la fonction qu’il avait dans la musique du XVIIème siècle : préparer le public à
    l’écoute, préparer le musicien et son instrument à jouer « pour de vrai ». C’est mieux pour bien jouer, c’est mieux pour bien écouter. Alors c’est mieux pour composer.


    Le point de départ de Installation Répétition Concert est une extension de Pêle-Mêle à sa version de 5 heures. Il s’avère que le concert ne peut pas rendre compte de musiques conçues initialement pour une durée de 2 minutes et étirées sur une heure. L’étirement électroacoustique est apparu très vite comme une nécessité. L’autre nécessité étant de ne pas asseoir le public durant une heure pour écouter des sons éparses et dispersés. L’installation sonore a tout naturellement trouvé sa place.


    Mais cette place s’articulera de manière progressive vers le temps du concert, sa densité, son rituel. Entre l’installation et le concert, il y a précisément la répétition. Celle-ci est une répétition composée. Les musiciens prennent place, ils jouent, le chef les arrête, ils rejouent, etc… Sauf que les arrêts, les interruptions sont toutes prévues, composées. L’idée est de rendre compte de la manière dont la musique se construit, comment les mixture de timbre sont agencées par l’intermédiaire de le mise en scène d’une répétition.


    Installation Répétition Concert cherche encore une durée. Peut-être ne doit-elle pas la trouver, mais pouvoir s’adapter aux contraintes extérieures, ce qui est en parfaite adéquation avec la nature même du projet.

duo Murakami / Koerper

    Jouer à deux voix


    Jouer à deux voix est une des formes musicales la plus intime, et peut-être la plus instinctive dans le sens où la communication et la réaction des deux musiciens se produisent de manière spontanée. Cela nous permet de rappeler pourquoi l’on dit « jouer » de la musique. Dialoguer, se suivre ou ne pas se suivre, répondre ou ne pas répondre, être d’accord ou non, etc... Il ne s’agit pas seulement de partager le temps dans une règle temporaire, mais celle de trouver, bien qu’éphémère, une énergie commune.

    Dans nos programmes, nous avons voulu mettre en valeur cette idée de « jouer à deux » ; deux voix qui dialoguent, deux lignes qui s’entremêlent, étant parfois une seule ligne qui se divise en deux, ou deux personnages complètement indépendants. Chacune des pièces nous propose un moment de dialogue authentique.